Aimer Dieu et notre prochain.
J’aime ces paroles pour aujourd’hui !
Déjà le livre de l’Exode invite le peuple d’Israël à élargir son amour aux plus pauvres et aux plus petits. Et Jésus invite à toujours lier l’amour de Dieu et l’amour du prochain…
Nous sommes à la fin de l’Evangile de Matthieu, les adversaires de Jésus le harcèlent. D’abord les sadducéens qui sont le parti des prêtres qui ont en main le pouvoir religieux au niveau du culte officiel, puis les pharisiens qui eux représentent le pouvoir religieux concernant plutôt le culte spirituel, en ce qui concerne notamment l’interprétation de la Loi ; et ils sont souvent très durs. Ces deux « partis » ne s’entendent pas entre eux mais se mettent d’accord pour perdre Jésus…
Cette question sur la priorité des commandements était une question classique puisqu’il y avait dans la Loi 673 commandements !
Jésus sans s’émouvoir répond calmement et revient à l’essentiel : et il cite l’Ecriture, le livre du Deutéronome (qui signifie : nouvelle loi), chapitre 6 : « Shema Israël, Ecoute Israël, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit… » ces paroles sont priées plusieurs fois par jour et sont inscrites sur un petit parchemin placé dans une petite boite que les Israélites portent constamment sur leur front. On ne peut pas faire plus sacré ! « Voilà le grand le premier commandement » dit Jésus mais il ajoute aussitôt comme coulant de source : « Et le second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ces deux commandements sont la Source de toute la Loi, c’est à dire la Source du comportement des croyants aussi bien dans leur prière que dans leur manière d’être et d’agir dans leur vie ordinaire.
Jésus rapproche ces deux commandements : Deutéronome 6 et Lévitique 19 pour en faire une seule source capable de nourrir et d’abreuver la vie des croyants… Le Dieu qu’on est appelé à aimer et à prier n’est pas n’importe quel Dieu, c’est le Dieu de l’Exode qui a libéré son peuple de l’esclavage, le Dieu unique qui devient l’Origine et le Sauveur de son peuple ; il a fait d’un peuple d’esclaves, un peuple libre dont il est devenu le bon berger… Dieu est engagé envers ce peuple qui préfigure toute l’humanité et qui avec Jésus s’ouvrira sur le monde entier.
Alors prétendre aimer Dieu qu’on ne voit pas sans aimer son prochain qu’on voit, c’est se faire illusion : « Si quelqu’un dit j’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. » ( 1 Jn 4, 20). On peut facilement « trafiquer l’idée de Dieu » (et on ne s’en est pas privé au cours de l’histoire) et se faire un Dieu à notre image. L’amour du prochain lui, nous invite à nous confronter à la réalité, à aller à la rencontre d’un visage (comme le disait le philosophe Lévinas) et le Dieu unique n’est pas seulement celui d’un peuple particulier, il est Celui qui nous est révélé en Jésus Christ comme le Père de tous les hommes à commencer par les plus petits et les plus fragiles…
C’est pour cela que Jésus est devenu notre Sauveur, il est à la fois le Fils bien-aimé de Dieu le Très Haut et il est devenu l’un d’entre-nous ; il partage notre visage et notre existence d’hommes. En Jésus on ne peut plus séparer l’amour de notre Dieu et l’amour de nos frères et sœurs en humanité : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25)
« Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jn 4, 8-9)
Béni soit Jésus qui nous révèle la profondeur de l’amour de Dieu et la profondeur de l’amour de nos frères et sœurs… C’est une grande joie qui nous est révélée c’est aussi un grand appel à une conversion qui ne sera jamais terminée ; mais ce serait dommage de passer à côté de la vie ! « Nous nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort » (1 Jn 3, 14)
Frère José Kohler. ND des Buis. 24/10/2028