Les Béatitudes
Chaque fois que l’on proclame les Béatitudes c’est un peu de fraîcheur qui passe dans l’Eglise et dans le monde. C’est l’Evangile à l’état naissant, la fraîcheur des commencements. Nous les reprendrons l’une après l’autre pour y découvrir toute cette fraîcheur qui s’accueille avec un cœur disponible, ouvert au mystère de Dieu.
« Heureux les pauvres de cœur »
Quand Matthieu parle de la pauvreté de cœur il touche entre autre le pharisaïsme qui est l’anti-pauvreté de cœur. Dans cette béatitude Jésus ne vise-t-il pas tous les abus de pouvoir spirituels et politiques ? Heureux les pauvres de cœur, ceux qui relativisent leur savoir, leur pouvoir, leur argent. Heureux ceux qui se débarrassent de toutes les fausses richesses pour recevoir le centuple dans le Royaume.
« Heureux les doux »
Bienheureux serez-vous si vous laissez Dieu créer en vous et autour de vous l’espace de la douceur. La violence est l’arme des faibles, tandis que la douceur est le secret des forts. La douceur est une intense force, certes discrète, mais qui s’irrigue toujours à Celui qui est source de cette paix intérieure qui désarme nos comportements. Saint François expérimentera le passage de l’amertume à la douceur quand il rencontra le lépreux. Il parlera même d’une douceur pour l’âme et le corps.
« Heureux ceux qui pleurent »
Bienheureux serez-vous si vous laissez Dieu séchez vos larmes et si vous attendez sa consolation. Comment ne pas se rappeler ici les larmes de Sainte Monique à propos de son fils Augustin. Saint Ambroise prophétisera en lui disant : « Il n’est pas possible que le fils de ses larmes ne se convertisse ». Les larmes sont le sang de l’âme. L’absence des larmes est mortifère, car celui qui ne pleure pas ne peut être unifié au cœur même du déchirement.
« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice »
Bienheureux serez-vous si vous ne vous lassez pas d’avoir faim de Dieu. Si vous avez soif de connaître sa volonté pour vous y ajuster avec amour. Matthieu propose la nouvelle justice. Il invite à être avec le Christ « affamé et assoiffé » d’accomplir la justice de Dieu qui vient établir en son fils un Royaume d’amour.
« Heureux les miséricordieux »
La miséricorde est du côté intime de la religion. Le terme hébreu signifie l’utérus, le sein maternel. Le miséricordieux est celui qui accueille la vie, la protège comme la mère son enfant. Au lépreux, l’homme exclu par excellence, Saint François « fit miséricorde » Il mit son cœur sur sa misère.
« Heureux les cœurs purs »
Comment ne pas penser à la question que pose François à Frère Léon : « Sais-tu, frère, ce qu’est la pureté du cœur ? » Léon répondit : « Ce n’est pas avoir de faute à se reprocher » François lui répondit : « Alors je comprends ta tristesse car on a toujours quelque chose à se reprocher. Le cœur pur est celui qui ne cesse d’adorer le Seigneur… Il est capable, au milieu de toutes ses misères de vibrer à l’éternelle innocence et à l’éternelle joie de Dieu »
« Heureux les artisans de paix »
Le Seigneur donne à ses disciples la paix au moment où il va entrer dans sa Passion. C’est devant la vision de la souffrance qu’il proclame et communique sa paix. Si Jésus, à cette minute, demeure le Maître de la paix, la force de cette paix, n’abandonnera jamais le disciple, celui qui met toute sa confiance dans le Seigneur.
« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice »
Saint Paul, qui en a fait l’expérience, dira aux Romains : « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ? … Mais de tout cela, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous aimés ». (Rom. VIII 35-37)
Heureux celui qui a un cœur de pauvre le sang de Dieu coule dans ses veines.
Frère Max de Wasseige