Vous avez tous joué au jeu des 7 familles quand vous étiez enfant, ou avec des enfants. Là, dans la famille mouton, je demande le père. Le père, c’est le bélier. Souvenez-vous que Dieu avait demandé à Abraham de lui sacrifier son fils Isaac. Lorsqu’ils sont arrivés au lieu du sacrifice, Isaac a demandé où était l’agneau du sacrifice. Alors, Abraham allait planter le couteau dans le cœur d’Isaac, l’ange du Seigneur a arrêté sa main et lui a dit : « Je sais que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique ». Alors, Abraham a trouvé, non un agneau, mais un bélier qui s’était pris les cornes dans les épines, et l’a sacrifié au lieu de son fils.
Le bélier, c’est le symbole du mâle, de la force de la nature et de la fertilité. Abraham devait renoncer aux mœurs d’une paternité des temps passés. Dieu lui a montré ce qui, chez lui, demande un sacrifice. Non bien sûr le fils béni de la promesse, mais la toute-puissance d’un homme sur son semblable, sans idée de la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde, c’est Jésus qui va nous l’apprendre.
Je demande maintenant la mère. C’est la brebis. Nous l’entendons dans l’Evangile : « Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits. » La brebis est ce qui procure le lait et la laine : elle est symbole de la richesse que procure le troupeau. Les brebis, c’est chacun d’entre nous que le Seigneur aime et connait, chacune et chacun par son nom.
Et maintenant, je demande le fils : c’est l’agneau. Souvenons-nous que, lorsque les hébreux ont été libérés de l’esclave d’Egypte, Dieu leur a demandé du tuer un agneau et d’en recueillir le sang pour en peindre les linteaux et les montants des portes de leur maison : grâce à ce signe, l’ange a épargné les aînés mâles des familles des hébreux. L’agneau donne sa vie pour gagner la liberté du peuple. Nous retrouvons ce thème dans le livre d’Isaïe : « comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. » Nous savons que ce serviteur souffrant, comme on l’appelle, préfigure le Christ. L’agneau est l’être fragile, innocent. Il est le symbole de douceur, de bonté, d’impuissance et de soumission à la volonté du Père.
Jean-Baptiste, dans l’Evangile d’aujourd’hui, nomme Jésus comme l’agneau de Dieu. Par
là, il annonce la Passion. Jésus va donner sa vie pour nous donner la liberté, pour nous délivrer du péché et des forces du mal qui nous empêchent d’aimer vraiment.
Lorsque Jean a baptisé Jésus, l’Esprit est descendu sur ce dernier comme une colombe. Le Seigneur lui avait dit : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint. ». La colombe est le symbole de la réconciliation entre Dieu et l’humanité. Souvenons-nous de la colombe que Noé avait laissé s’envoler de l’arche pour voir si le déluge était terminé. Celle-ci était revenue avec, dans le bec, un rameau d’olivier. Et Dieu avait dit : « le cœur de l’homme est enclin au mal dès sa jeunesse, mais jamais plus je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait. »
Oui, le cœur de l’homme est enclin au mal. Mais Dieu ne frappe plus les vivants comme il l’avait fait au temps du déluge. La colombe est blanche, elle évoque la pureté. Les ailes déployées, elle suggère le vent, l’air, le souffle, symbole de l’Esprit Saint.
Quelquefois, nous regrettons que Dieu n’intervienne pas pour faire cesser les massacres, les guerres, la torture, les catastrophes en tout genre, les maladies. Mais il nous donne comme mission de lutter contre tous ces fléaux. Nous nous sentons bien impuissants ! L’Iran, la bande de Gaza, les dictatures et tout le reste. Mais il est avec nous. Tout geste de soin, d’engagement pour la justice et la paix, toute solidarité a son poids pour bâtir le règne de Dieu.
Nous avons l’occasion, aujourd’hui, de renouveler notre foi : faire confiance au Seigneur, le remercier pour tout ce qu’il nous donne. Nous le savons : tout bien vient de lui.
Il nous faut arrêter de gémir ; par exemple : « mes enfants ne pratiquent plus ; ils ne font plus baptiser leurs enfants ». Pourtant, des gens de familles incroyantes viennent, de plus en plus, demander le baptême. Et, pratiquer, ce n’est pas d’abord aller à la messe tous les dimanches : c’est surtout prendre soin de nos frères et sœurs en leur donnant du temps pour les écouter. Le premier travail que nous avons à faire, est de nous laisser transformer intérieurement par l’Esprit de Dieu pour nous réconcilier avec nous-mêmes, pour que la paix vienne de notre cœur.
Frère Dominique Joly