Ce dimanche, nous poursuivons dans l’évangile de Jean, le discours de Jésus après la Cène.
Quand pendant plusieurs années, on s’est attelé à une tâche importante à laquelle on a consacré tout son cœur et toutes ses forces – travail professionnel, tâche familiale, responsabilité civique, sociale ou religieuse – et que cette tâche, on doive la quitter et la laisser à d’autres qui la continueront, on ne peut pas ne pas être préoccupé de ce que deviendra l’œuvre à laquelle on s’était donné totalement.
Eh bien, en tant qu’homme qui veut vivre tout ce que nous vivons et arrivé à la fin de sa vie terrestre, Jésus a ces mêmes préoccupations : son Œuvre va-t-elle continuer après lui ? Ses disciples vont-ils rester fidèles à son message « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc18 1-8)
Ce qui préoccupe Jésus, c’est toute la poursuite de son œuvre à travers les siècles, c’est l’avenir de son Eglise, tous ceux à qui parviendra plus tard son message, donc nous tous chrétiens aujourd’hui !
Mais il ne veut pas nous laisser orphelins. Pour cela il va nous léguer, par amour pour nous, non pas quelque chose, mais quelqu’un : « moi, je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur, l’Esprit de Vérité, l’Esprit d’Amour qui sera pour toujours avec vous pour vous aider à garder les commandements de Jésus c’est-à-dire, à les accueillir, à les aimer, à les abriter en nous, à leur donner chair, dans notre manière d’agir et d’être.
Quelle Humilité de Jésus qui abandonne cela à son Père !
L’Esprit Saint, nous le savons, ne fait qu’UN avec le Père et Jésus. C’est l’Esprit d’Amour qui fait l’unité en Dieu ! L’Esprit est donc inséparable de Jésus ! Recevoir l’Esprit Saint, ce sera toujours accueillir une présence de Jésus mais d’une nouvelle manière : présence plus spirituelle, plus intime, plus intérieure. Durant sa vie terrestre la présence visible de Jésus était évidemment localisée en des endroits précis. L’Esprit Saint au contraire rend une présence de Jésus illimitée dans le temps et dans l’espace, une présence universalisée et non plus localisée.
Et cela est source d’une grande lumière, car Jésus nous dit : « vous reconnaîtrez alors que vous êtes en moi et moi en vous ». Mais le monde ne le voit pas, le monde ne le connaît pas car c’est par la foi qu’on le connaît, c’est par les yeux de la foi qu’on le voit. Jésus continue : « Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant… et vous me reconnaîtrez, par la foi » Vous voyez à quel point Jésus veut nous rassurer : « Je ne vous abandonne pas, je ne vous laisse pas orphelin ! Je reviens vers vous avec l’esprit Saint »
On peut parfaitement dire que nous avons en nous une « présence réelle » de Jésus ressuscité, mais nous ne le percevons que par la foi, sans aucun autre signe visible que les fruits de l’Esprit à travers nos vies qui sont, je cite St Paul aux Galates : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, douceur, maîtrise de soi » ; alors que la présence de Jésus dans l’eucharistie, nous la percevons sous les signes du pain et du vin consacrés. Nous ne sommes jamais seuls. Celui qui nous aime est là, tout proche de nous, « nous en lui et lui en nous. »
Le Christ nous envoie l’Esprit Saint comme un Défenseur car Jésus voit deux sortes d’ennemis qui risquent de faire dévier son Eglise et les chrétiens tout au long des siècles : des ennemis extérieurs à l’Église : tous ceux qui s’opposeront à elle et la persécuteront : « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuterons vous aussi » Quand l’Eglise dans sa fidélité au Christ prend parti pour les plus pauvres, quand elle prend la défense de tous ceux qui sont victimes d’injustice, quand elle interpelle les puissants, il est inévitable qu’elle s’attire à elle des ennemis car elle dérange. Combien de chrétiens sont encore persécutés dans le monde aujourd’hui !
Mais Jésus prévoit une autre sorte d’ennemis, plus dangereuse : les ennemis de l’intérieur : « Prenez garde que personne ne vous égare car beaucoup viendrons en prenant mon nom et diront : c’est moi le Messie et ils égareront bien des gens ».
Quelle image de chrétien je renvoie au monde dans ma manière de vivre ? La manière dont je vis en chrétien est-elle bien à l’image de Jésus et de son message ? Grâce à l’Esprit Saint toute la vie dans le Christ devient un mystère de présence : « En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi et moi en vous ». L’honneur de l’homme est d’être aimé de Dieu et de pouvoir aimer Dieu en retour. Cette fidélité à l’esprit de Jésus exige de l’amour et du courage. C’est pour cela que Jésus nous envoie le St Esprit. St Paul le rappellera plus tard à son compagnon Timothée : « Ce n’est pas un esprit de peur que tu as reçu, mais un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi »
Père, au nom de Jésus, donne nous ton Esprit !
Gérard Barthe, diacre